vendredi 5 décembre 2014

https://www.youtube.com/watch?v=8ICZxjCeUW0




A son allure, on la prenait pour une étrangère. Peut-être une turque. Ses longues jambes serrées dans un pantalon clair a rayures verticales, sa veste élégante, mutine, même sa chemise italienne, une paire d'Adidas usée au pieds, le pas vif presque violent. Elle faisait penser aux intellectuels du siècle passé, et la rose glissée dans son veston - sur le sein droit, aux vieux des années 30. Deux boucles en plastique bleu ,immenses, cadraient son visage en dansant sur ses pommettes, et ses cheveux retenus en chignon volaient au vent.

Elle était belle, portait une rage viscérale, et un amour inconditionnel, tendue, pourtant libre, guerrière et gracieuse.
Elle n'avait pas d'âge, adorait les hommes et leur faisait peur et plaisait aux femmes.
Gitane, musicienne, amante, on ne savait pas trop.



Ce jour là, elle avait dans son sac à main une bombe de peinture, un paquet de cigarette, du hash qui venait directement des montagnes marocaines et du trou du cul de Chico, des autocollants et son téléphone.

Aux amants lâches et admirables


Rien n'est facile, rien est acquis. Je me penche au dessus des abîmes de ton silence, je respire et j'attends, languis. Et force est d'admettre qu'au delà de mes espérances je ne revois que la première fois. Toutes mes pensées, tout me reviens et sont les mêmes, pourtant, je sens une différence creusée comme par une lassitude grandiose - un trésor que je t'ai donné, que tu a caressé du bout des doigt et empoigné de toute ta force, adoré et ignoré, que je ne trouve plus, ni dans ton regard, tes gestes, tes mots, ni même en moi.
Le temps m'es compté et je n'ai que faire d'attendre une décision qui était prise d'emblée. Irrévocable et tellement fragile, ma vie continue chaque jour et meurt un peu plus entre les quartes murs indifférents que l'on partage. Là ou l'on se croise, se salue, s'ignore, ou l'on déjoue un destin pourtant appelé d'une voix claire et désireuse, ou l'on dévoile un ennui mortifère devant la beauté.
Je refuse de m'y complaire. Je ris.
Maintes fois de mes erreurs j'ai du payer, de la solitude, la terreur, l'angoisse et la peur. Je m'en fout, alors, je préfère avoir froid, tu mens et mon cœur au moins ne le sera pas, je le sentirais battre, des fois sur toi mon cœur a battu, je sentais le tiens, et je savais que tu allais choisir de l'ignorer. Je me fout bien de votre passé si c'est pour m'expliquer la vie, sauf quand on se comprends et se raconte, même à poil le sexe encore un peu brûlant, mais par pitié ne me mettez pas en garde, de ce qui fit votre joie. Je le dis pour vous, car je m'en fous. Je serais belle, contente et radieuse, joie et touts les sens en éveil, les cuisses dansantes, fuyante mais libre. Et vous pouvez bien me regarder d'un drôle d'air, l’œil béant et un peu vitreux, puis retourner à vos affaires, vos rires et vos occupations, je m'en fout, je serais là, et puis je partirais.
En vérité je te plains - toi qui attends voir puis te retire dans le silence, et t'admire, mais s'il te plait garde ton ennui pour toi.