A son allure, on la prenait pour une étrangère. Peut-être une turque. Ses longues jambes serrées dans un pantalon clair a rayures verticales, sa veste élégante, mutine, même sa chemise italienne, une paire d'Adidas usée au pieds, le pas vif presque violent. Elle faisait penser aux intellectuels du siècle passé, et la rose glissée dans son veston - sur le sein droit, aux vieux des années 30. Deux boucles en plastique bleu ,immenses, cadraient son visage en dansant sur ses pommettes, et ses cheveux retenus en chignon volaient au vent.
Elle était belle, portait une rage viscérale, et un amour inconditionnel, tendue, pourtant libre, guerrière et gracieuse.
Elle n'avait pas d'âge, adorait les hommes et leur faisait peur et plaisait aux femmes.
Gitane, musicienne, amante, on ne savait pas trop.
Ce jour là, elle avait dans son sac à main une bombe de peinture, un paquet de cigarette, du hash qui venait directement des montagnes marocaines et du trou du cul de Chico, des autocollants et son téléphone.